Pour une bonne session de surf, il faut en priorité des bonnes vagues  + une bonne planche + une bonne combi si l’eau est froide + … ?     un bon leash !
Rien de plus chiant qu’un leash qui casse, ou se détache, sans raison valable, et vous envoie ramer 1/4 d’heure dans le bouillon, pour récupérer votre planche au mieux brassée dans le shore break (bonjour les dérives…) au pire empalée sur les rochers/reef/digue. Même si la planche n’a rien, il vous faudra trouver un autre leash pour finir la journée. Session gâchée assurée  🙁

Comment fonctionne un leash:

C’est une « laisse » qui relie la planche à la cheville du surfeur, et lui permet de la récupérer facilement en cas de chute. Avant ça, le surfeur devait nager à chaque fois qu’il tombait.

L’inventeur du principe est français, un basque nommé Georges Hennebutte, qui créa en 1958  un bracelet de cheville à Velcro relié par une corde à la planche.  Mais ça n’eut pas grand succès, et la traction brutale de la corde était dangereuse pour la jambe.[read more= »Lire la suite » less= »Réduire le texte »]

Vers 1971 le surfeur californien Pat O’Neill perfectionna le système en remplaçant la corde par un tube en caoutchouc, qui amortissait le choc de la tension de la corde. Mais l’effet retour dû à l’élastique était redoutable, son propre père, surfeur lui-aussi et fondateur de la marque O’Neill, perdit un oeil suite à un retour de planche !
La vraie avancée technique importante fut l’utilisation d’une « corde », on dit en fait un « câble », en uréthane massif, qui est élastique, mais « lentement ». Le câble s’allonge lentement sous la traction, d’où un amortissement progressif, et revient lentement à sa longueur d’origine, donc sans effet retour violent.
Un émerillon (petite pièce métallique pivotante), ou 2, permet d’éviter que le câble se tortille sur lui-même en libérant les efforts de torsion.

La jonction avec la planche:  au départ c’était une simple ficelle  nylon passé dans un trou percé dans la dérive. Puis on rajouta à l’arrière des planches, sur le dessus, un « Pontet » en fibre de verre,  qui évolua finalement en « Plug » scellé dans l’épaisseur de la planche. Le souci c’est que les frottements et tractions de la ficelle de fixation finissait par abîmer les rails arrières (bords) de la planche. Cela pouvait même faire « fil à couper le beurre » et entailler profondément le rail.
Ce défaut fut corrigé avec l’adjonction d’un « Rail Saver » (=protecteur du bord),  un morceau de sangle qui répartit la pression dû à la traction du leash sur une plus grande surface, comme une sangle de sac à dos qui blesse moins l’épaule qu’une ficelle.  L’adjonction d’un Velcro à ce « Rail Saver » permit ensuite de faciliter la fixation sur la planche, sans avoir à défaire/refaire le noeud.

On arrive ainsi au système de leash moderne, chaque élément aillant son rôle à jouer:
Le bracelet de cheville (ou de genou) à Velcro  + le câble uréthane + un ou deux émerillon + le Rail Saver à Velcro.
En plus de ça, il est toujours fourni avec le leash une « Boucle de fixation » que l’on passe dans le plug de la planche.

 

Les leashes des années -80 et -90 étaient montés avec un câble uréthane  fixé par des noeuds fait à la main et recouverts d’une gaine plastique thermorétractable.

Noeuds de montage "A l'ancienne" du câble avec l’émerillon et le rail saver

Noeuds de montage « A l’ancienne » du câble avec l’émerillon et le rail saver

Je n’ai JAMAIS vu un câble noué comme ça se dénouer. A chaque forte traction, les noeuds se serraient de plus en plus fort, protégés du soleil par la gaine noire. A la longue le Velcro finissait par ne plus accrocher, ou le câble cassait (coupé par une dérive ébréchée, ou pris dans une trop grosse vague), mais vous pouviez garder les « bons » morceaux de vos vieux leashes, et les remonter entre eux pour vous dépanner (genre en trip dans un bled avec des vagues super, mais à 100Km du surf-shop le plus proche).
Les câbles étaient tous noirs, car c’est ce qui résiste le mieux aux U.V. et ils mettaient des années à se craqueler sous l’effet du soleil.
La plupart étaient fabriqués à 100% en Californie.
Les leashes actuels ont à 99,9%  un câble  monté par des « embouts moulés » en plastique, et sont fabriqués en Chine.
Le look est très bon, ça fait « Haï Tèque », profilé pour la course, avec des logos partout et des câbles de toutes les couleurs.
Le seul petit souci, c’est que ces « embouts moulés » sont une véritable loterie, qui peuvent aussi bien résister à tout, que casser avant même d’aller à l’eau  🙁

Leash neuf cassé

Leash neuf cassé

Embout neuf fissuré au niveau de la vis

Embout neuf fissuré au niveau de la vis

Le plastique des embouts vieillit souvent mal aux UV, et chaque traction un peu forte les fragilise en provoquant des fissures ou des amorces de décollement du câble irréversibles qui se cumulent jusqu’à la rupture finale.
Résultat, même en inspectant votre leash « moulé » avant d’aller à l’eau, vous n’êtes jamais certain qu’il ne casse pas sans raison apparente !

EDEN Surf vous propose de revenir aux bases, de ne pas vous laisser hypnotiser par le look d’un produit et la belle publicité que le fabricant a les moyens de se payer (que VOUS payez, en fait, sur le prix du produit). De la même manière qu’une bonne planche de surf n’a pas besoin de sortir d’une grosse  usine et d’un moule « Surftek lite bidule » , un bon leash peut tout à fait ressembler à ce qui se faisait avant l’avènement des « embouts moulés » !

Nos leashes sont fabriqués avec:
un câble uréthane premier choix et un émerillon inox, en provenance de Chine car on en trouve que là ou aux USA (trop loin de Bali).[/read]